Débats d'idées: Une nouvelle médaille pour la France, celle des bacheliers.

Publié le par Onizuka


A la suite du micro-trottoir, organisé suite à la décision de X.Darcos de remettre une médaille aux bacheliers les plus méritants, la rédaction du todaynews s'interroge sur l'intérêt réel de cette mesure. Le débat est donc tout ouvert à tous nos lecteurs, et nous vous invitons à réagir, à nous contredire, et tout simplement à nous donner votre point de vue.

Une médaille? L'idée est intéressante, cependant on peut se demander quelle volonté anime notre membre du gouvernement pour se lancer dans une telle mesure. Peut-être inspiré par les Jeux Olympiques, le flot de médaille de ces jeux n'a pas particulièrement touché la France et ses compétiteurs, en effet de ce point de vue là, donner des médailles aux jeunes bacheliers serait ici, une façon de se rattraper de ce qui n'a pas été gagné par nos athlètes.

Plus sérieusement, la médaille chez certains élèves pourrait être motif de satisfaction personnelle à l'issu de ce diplôme, néanmoins cette mesure est une mesure trompe l'oeil. D'un côté des postes dans l'éducation nationale sont supprimés, donc des heures de cours sont enlevés à certains élèves et de l'autre on donne une médaille à l'issu d'épreuves de fin d'année. Quitte à choisir, entre privilégier un élément décoratif qui au fil des années finira dans un placard poussièreux d'une chambre de jeune adulte, ou des heures de cours qui favoriseront surement des révisions à l'approche des épreuves du baccalauréat......
Néanmoins, entre payer des heures de cours aux professeurs ou à frapper des médailles pour des élèves, le choix financier, est tout fait, payer des professeurs reste et restera le choix le plus couteux, encore faut il savoir ce qui est le meilleur choix quand à l'éducation de nos chères têtes blondes (brunes ou rousses).

L'éducation, grande question, vous l'aurez compris, le poste de dépense le plus important pour notre état. Faut-il que cela change? Peut-être pas, après tout miser sur les générations futures, n'est pas un mauvais investissement ( culturel, éthique, financier), mais encore ne faut il pas dépenser l'argent du contribuable n'importe comment. A chaque fois qu'une comparaison doit être faite, c'est avec des systèmes éducatifs scandinaves qu'elle est faite, en disant qu'il faut suivre l'exemple de pays tel la Finlande, nos représentants légitiment donc leur réforme.

Les français désirent dans leur ensemble une réforme de l'éducation nationale, c'est un fait, mais pas n'importe quel réforme. Pour réformer encore faut il connaître les maux qu'a l'éducation aujourd'hui, et ceci sont nombreux. Un enseignement de langue, et surtout de l'anglais pas assez perfectionné pour un marché du travail qui recherchent des postulants bilingues (voir plus), et sur ce point soulignons tout de même le ministre de l'éducation nationale à tenté d'instituer l'enseignement de l'anglais dès l'école primaire. Mais à force de nous attarder trop souvent sur les
résultats du baccalauréat nous en oublions souvent les problèmes antérieures, de l'accompagnement des élèves les plus en difficultés, à la valorisation des filières de BEP, c'est à dire des formations professionalisantes, qui apportent une vraie plus value à l'économie comme l'a très bien compris l'Allemagne.
Il existe évidemment des problèmes d'accompagnement avant le bac mais aussi après, ou le système est compliqué, et ou beaucoup d'élèves se perdent dans le choix des formations universitaires et autres formations séléctives, le baccalauréat est en effet un diplôme ou les taux d'obtentions sont chaque année de plus en plus élevés
mais dans la société actuelle, ce diplôme et essentiellement dans les filières générales n'est qu'une clé pour envisager des études plus longues et non pas l'accomplissement, le tenant et l'aboutissement des années précédentes.

Cette récompense du ministre, serait donc une sorte de cadeau empoisonné pour ces nouveaux bacheliers, qui voudrait dire qu'ils ont certes très bien réussis, mais qu'ils ne sont qu'au début de leur peine, et que le chemin des études reste long et semés d'embuches. En effet certaines filières universitaires totalisent des taux de reussite pour les passages entre première et seconde années qui fleurtent avec les 30 % dans certaines universités de droit, et la première année de médecine est très réputée pour être l'une des plus difficiles qui soit.
Au moment ou en effet l'école et plus généralement le système éducatif attends des solutions, des réformes comme celles-ci ne font que de donner l'impression de tourner en rond.

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Onizuka 22/09/2008 15:36

En effet sidewinder, l'économie dans cet article est un aspect important mais pour le contribuable et pour l'état, le facteur économique est un élément plus que crucial dans une réforme aussi importante que celle ci, qui je le rappelle est le premier poste de dépense en France pour l'état. Il en existe d'autres, que je cite et que vous nous faites remarquer, mais c'est un choix volontaire que d'avoir fait passer l'économie en avant de cet article.

Sidewinder 22/09/2008 05:46

Je pense qu'il ne faudrait pas voir les médailles sous un angle purement financier, ce vous (le journaliste en herbe) traité le plus largement. Il est vrai qu'avoir le bac aujourd'hui et le bac hier n'est pas non plus la même chose. A une époque ou la généralisation de scolarisation a fait ses preuves dans pays industrialisés, avoir le bac n'a plus rien de glorifiant car l'élève sait qu'il devra poursuivre au moins 3 ans pour avoir un métier dit correct. La France qui autrefois était le modèle sur lequel tout le monde se référençait n'est une aujourd'hui qu'un modèle hybride qui a force de vouloir prendre le meilleur des autres a fini par perdre son esprit d'initiative, la France n'est plus un pays innovation mais qu'un pâle copieur. Ce qui se répercutera forcement sur la population active.